Plus de la moitié des Belges disent souffrir de stress au travail

Si on a souvent besoin d’être un peu “boosté” pour évoluer, attention au burn-out! Comparaison entre l’entreprise et le sport.

Plus de la moitié des Belges disent souffrir de stress au travail, révèle une enquête réalisée, en septembre dernier, par StepStone, qui démontre aussi que la Belgique est en tête du classement des pays qui comptent le plus grand nombre de travailleurs stressés. Un Belge sur cinq se dit même proche du burn-out.Selon l’Organisation mondiale du travail, l’épuisement professionnel, la dépression clinique ou l’anxiété en milieu de travail touchent au moins 10 % des Nord-Américains et des Européens.

Mais quelle est la limite entre le stress et le burn-out ? Le stress ne peut-il être positif ? ” Dans le sport, le rugby notamment, le burn-out peut permettre de se dépasser, d’accéder à une forme de performance. Pour moi, il est même recherché. Même si on parle plutôt de saturation, qui est un processus qui fait partie intégrante de la performance “, a expliqué Arnaud Laly, de l’Unité de formation et de recherche des sciences et techniques des activités physiques et sportives de Dijon (France) et responsable de la préparation physique pour la Fédération belge de rugby. Il était l’invité d’une soirée organisée par Akawa, société spécialisée dans le développement du potentiel humain, sur le thème du burn-out faisant le parallèle entre le monde du sport et celui de l’entreprise. ” Le burn-out touche en général les travailleurs très enthousiastes qui sont passionnés par leur métier mais n’ont pas de limites “, constate encore Arnaud Laly.

La recherche de la performance suit un processus. Il est important, tout d’abord, dévaluer sa performance et de voir celle qu’on souhaite atteindre pour voir où l’on veut aller. ” Mais augmenter ses performances n’est possible que par un principe physiologique : la surcompensation. Tout stimulus entraîne un stress sur l’organisme qui se prépare alors à recevoir une même charge. Ensuite, il récupère. S’il reçoit le même stress à nouveau, il redescendra moins bas , explique Arnaud Laly. Ce coup de boost est provoqué par une saturation, soit une charge très importante de travail, ayant comme conséquence une forme de ralentissement des performances dans un premier temps, sorte de plongeon organisé vers la contre-performance. Une planification de qualité permet de repartir de façon très efficace et de dépasser largement les résultats habituels.”

Et dans l’entreprise ? ” Pour se développer, le réflexe naturel n’est pas de plonger pour mieux rebondir “, note Marc Delpierre, de Akawa, qui cite plusieurs éléments déclencheurs de stress comme la nouveauté, la première surcharge de travail, le manque de sommeil, les mauvaises relations avec le management ou les collègues, Parmi les facteurs de récupération, on peut citer le week-end, la famille, le sport, l’humour, une meilleure gestion du temps, la reconnaissance, ” Un feed-back est important. Et parfois même un feed-back négatif fait plus de bien que pas de feed-back du tout” , note Marc Delpierre, qui pointe quelques signaux qui indiquent qu’on a récupéré et dépassé le niveau où l’on était auparavant : une plus grande confiance, la réalisation d’un objectif, des commandes qui suivent, moins d’absentéisme.

” Un élément important dans le processus est la planification , explique Arnaud Laly. Il est essentiel de savoir d’où l’on vient et où l’on va. Il faut placer les charges au bon moment pour éviter de s’éloigner de l’objectif.” “Dans l’entreprise, la mise sous pression vient souvent de l’environnement extérieur, des marchés ou d’autres éléments sur lesquels on n’a pas toujours la maîtrise , note Marc Delpierre qui estime que la planification est aussi essentielle. Il faut voir quels sont les moments creux qui sont constructifs et ceux qui ne le sont pas.”

Autre élément important dans le processus : la récupération. ” On constate par exemple qu’à des périodes de travail intense, comme la clôture de comptes, certaines personnes sont encore capables de produire mais ne récupèrent plus. Ceux qui ont tendance à souffrir de burn-out estiment en général qu’une semaine de repos leur suffit, car ce sont des gens très enthousiastes qui aiment leur travail. Après cette semaine, ils reviennent au boulot et, malheureusement, tombent encore plus bas “, poursuit Marc Delpierre.

” Dans le sport, il s’agit clairement de mettre de la pression pour développer son potentiel. L’attente d’une meilleure performance passe donc par une sorte de burn-out planifié. Dans l’entreprise, les choses sont un peu différentes. Il n’est pas question de carboniser nos collaborateurs pour les rendre plus performants. Il est impensable en management d’aller aussi loin, mais il est important de sortir les collaborateurs d’une zone de confort et de provoquer une réelle prise de conscience et augmenter les potentialités de chacun .”

Source : lalibre.be